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Propos liminaire au Conseil municipal de Brest du 2 juillet 2024

  • Photo du rédacteur: Tristan Foveau
    Tristan Foveau
  • 2 juil. 2024
  • 3 min de lecture

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Merci Monsieur le maire,

Chers collègues,

 

Notre conseil se tient entre les deux tours d’une des élections les plus importantes pour notre pays depuis 50 ans.

 

Il y a 22 ans, en 2002, la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle avec 5,5 millions de voix avait suscité un effroi inédit dans le pays et une mobilisation générale contre le Front national. Le 9 juin dernier, Jordan Bardella a engrangé plus de 7,7 millions de voix.

 

Mais cela n’a rien ôté de la morgue d’Emmanuel Macron. Tout un pays plongé dans l’insécurité sociale le désavoue : il n’en a cure. Le rôle du Président de la République est en principe de protéger les institutions : Emmanuel Macron a pris le risque de les abattre, par cynisme et par réaction d’orgueil.

 

Pendant 3 semaines, il a encore cru pouvoir se poser en recours contre des « extrêmes » renvoyés odieusement dos à dos. Sa responsabilité individuelle dans l’ascension de l’extrême-droite est pourtant accablante. Depuis 7 ans, il a adopté sa langue, parlé de la nation comme d’un « tout organique », manié le concept de « décivilisation », appelé « la France à rester la France ». Il n’a cessé de conforter l’extrême droite et de la crédibiliser.

 

La loi immigration portée par sa majorité a inscrit dans le droit les obsessions racistes de la famille Le Pen. La guerre sociale qu’il a livrée aux plus modestes, la démolition méthodique des services publics, les conséquences désastreuses de ses politiques économiques depuis 7 ans ont offert au RN le terreau fertile sur lequel il prospère. En faisant de la gauche unie sa cible, son épouvantail, il a achevé de creuser la vague qui monte. Voilà la vraie rupture.

 

Les digues ont sauté. Le RN est désormais aux portes du pouvoir.

 

Le constat est là, accablant et dramatique : le vote RN représente aujourd’hui un vote d’espoir pour une large part de nos concitoyens. Nous sentons toutes et tous autour de nous une détermination sourde, froide, d’une large part de nos concitoyens à les porter au pouvoir. Et je mesure le poids de mes mots : ils sont un constat d’échec pour tout démocrate authentique. Nous avons collectivement failli. Nous avons laissé se creuser la rupture dans notre contrat social.

 

Au-delà des nuances qui animent régulièrement les bancs de cette assemblée, je sais que nous sommes ici entre républicains sincères, attachés à la qualité du débat public, soucieux de la stabilité de nos institutions, du respect de notre cadre démocratique, de la stricte application de la loi et du principe de laïcité, habités par l’esprit de tempérance, d’ouverture et de paix civile qui correspond au climat politique de notre cité du Ponant et, au fond, je le crois, aux aspirations de nos concitoyens à travers tout le pays.

 

Nous avons de ce point de vue, ici à Brest, le privilège de ne pas siéger pour l’instant aux côtés de conseillers municipaux d’extrême-droite. Car, si nous avons entre nous des nuances conjoncturelles chers collègues, parfois profondes, nous avons avec eux et leur nouvel ordre politique des divisions structurelles.

 

La France que nous avons ici en partage c’est celle de Voltaire, de Condorcet et de Rousseau, c’est aussi celle de la Révolution et des Lumières, de l’Abbé Grégoire et de Victor Hugo. C’est celle de Gambetta père de la IIIe République, de Zola et de l’Affaire Dreyfus, c’est celle de Jaurès et de l’Humanité. Notre France, c’est celle de Blum, celle qui, pour assurer aux hommes la liberté, s’attache d’abord à leur garantir l’existence. C’est celle de Félix Eboué, de la Résistance Outre-Mer et en métropole, c’est celle du conseil national de la résistance et de ses acquis, celle de Mauriac, de Malraux, de Joséphine Baker, d’Aimé Césaire et de Gisèle Halimi.

 

Notre France se nomme diversité. Sa devise est celle de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Son berceau est notre école publique, gratuite et laïque.

 

Notre France c’est aussi celle de Jacques Chirac qui en quittant le pouvoir en 2007 nous rappelait que : « Le vrai combat de la France, le beau combat de la France, c’est celui de l’unité, c’est celui de la cohésion. ».

 

« La moralité consiste essentiellement en le courage de faire un choix. ». Nous aurons un choix à faire dimanche prochain. Un choix déterminant, le choix de l’unité et de la cohésion contre la division et les fractures. Le peuple de France a démontré qu’il était capable du pire comme du meilleur. Il peut encore, face à l’impasse, choisir la lumière le 7 juillet.

 

Je vous remercie.

 
 
 

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